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Témoignages

   
Albert Dasnoy commence sa journée en lisant tous les matins durant une heure. Il fait cela depuis trente ans. Dans le tourbillon de la vie des grandes villes c'est assurément montrer de la fermeté. Avec un étonnement renouvelé tous les matins, quand dès huit heures je suis couvert de plâtre, je pense qu'à trois cent mètres, Albert Dasnoy lit calmement Hérodote.

Charles Leplae

 

 

Il était recherché pour le charme de sa conversation, sa
profonde connaissance de l'art sous tous ses aspects et la
sûreté de son jugement dans ce domaine, mais, sous des
dehors d'une extrême courtoisie, c'était un être double et
insaisissable et ses périodes de mondanité alternaient
avec des crises de renfermement inattendues et
inexplicables. Partagé entre le désir de séduire et le goût
de la solitude, il savait déployer une panoplie d'astuces
raffinées pour se protéger et éviter le contact avec
certaines réalités du monde. En vérité, il n'acceptait de
contraintes que de lui-même.

C'était un contemplatif. Je croîs qu'il aurait pu dire,
comme Jean-Jacques Rousseau : "Ma vie n'a guère été
qu'une longue rêverie", dans la mesure où il trouvait, lui
aussi, dans la rêverie une indispensable source
d'inspiration.

Philippe Dasnoy

 

 

Poser pour lui était une joie, et tant mieux si on
l'accablait de questions techniques. Ravi, il avait la
réponse à tout, avait un avis sur chaque couleur : "Oh, le
noir, c'est un piège ! Personne n'en sort... Comment,
vous aimez le vermillon ?". Il citait de mémoire un fond
de Holbein, la position d'une main chez Rubens. Pris
d'une grande allégresse, il mélangeait, malaxait sans
cesse les couleurs, portait à la toile des milliers de petits
traits prudents, bougeait cent fois les tentures en
maudissant la lumière changeante, contrôlait la tension
de la toile. Quand tout était achevé, il montrait le
tableau, dubitatif. Il fallait votre avis. Il était vis-à-vis de
ses peintures, d'une modestie absolue.

Christian Dubois

 

 

De Jolymont il partait souvent faire des promenades
dans la forêt de Soignes revêtu de son imperméable brun
pour rester anonyme et chaussé de gros souliers
provenant sans doute des Ardennes, pays de son enfance.
Il fréquentait des chemins de terre, car le macadam
comme il le disait, était « le véhicule de la médiocrité »
et il préférait par ces chemins rendre visite aux menhirs,
aux écureuils et aux feuilles des arbres.
.....
Il descendait parfois boire un petit verre de vin et
prendre un morceau de tarte chez Jephan de Villiers qui
s'était installé depuis quelques années en bas de la tour.
Après avoir fait un signe amical de la main à la fenêtre,
il apparaissait sur la terrasse après avoir pris le temps de
se faire élégant. Ils parlaient du bonheur, des hannetons,
des hirondelles et des anges.
.....
C'est pourquoi Albert nous est toujours présent et vit
dans nos murs, dans nos arbres auprès de nos animaux
familiers, dans le coeur des artistes et de ses amis qui le
suivent toujours.

Simon du Chastel

 

Pierre Caille